Une vengeance qui tombe à plat.
C'était avec un grand enthousiasme qu'In Waves, 5eme album des floridiens de Trivium avait été accueilli, tant par la presse que par le public. C'est peu dire que son successeur, Vengeance Falls, était donc attendu au tournant vu l'attente qu'il suscitait.
Et on peut dire que le virage a été quelque peu manqué de la part de Trivium, car oui, Vengeance Falls est une petite déception en soi.
Commençons par un point qui a beaucoup fait parler lors de son annonce: L'arrivée de David Draiman, front man de la formation neo-metal Disturbed à la production. Beaucoup de sceptiques (dont votre serviteur fait partie) ont fait part de leur inquiétude quant au risque que prenait Trivium a sonner trop comme Disturbed. Dès la première écoute de Brave This Storm, on est toutefois rassurés. Le "son" Trivium est toujours le même, un riff thrashisant, brutal et une rythmique rapide et précise. Il n'y a aucune surprise. Et c'est justement le principal reproche que l'on peut attribuer à ce Vengeance Falls.
Au petit jeu des comparaisons, on peut comparer avec l'introduction magistrale d'In Waves avec un son glacial et inquiétant qui aboutit sur une explosion, ce cri et ce riff ravageur. A coté, commencer un album par un titre comme Brave This Storm fait un peu pâle figure. On est lancé dans le bain avec un riff des plus simplistes. Le titre en lui même est toutefois bon, il reste dans les standards de ce qu'a composé la bande à Matt Heafy, qui nous régale toujours de leur talent sur le plan technique; de ce coté-là, il n'y a pas de déception. La suite s'enchaîne très rapidement, le chant de Matt est beaucoup moins agressif qu'a l'accoutumé, les cris (dont une partie est toujours assurée par Corey Beaulieu) se font moins présents. Et c'est un autre triste constat qui s'offre à nous, ce Vengeance Falls manque cruellement de puissance (Un No Way to Heal poussif), et de violence un trait de caractère qui sied évidemment à Trivium, et qui devrait rentrer dans chaque cahier des charges du groupe avant toute création de leur cru. Le coupable est tout désigné par les fans: David Draiman. Loin de moi l'idée de lancer des accusations hasardeuses sur le bonhomme, qui sera assez houspillé sur les réseaux sociaux, car accusé d'aseptiser la musique des floridiens. L'on accusera également Matt Heafy de chanter comme ce dernier (qui, il faut le reconnaître, possède un timbre particulier) ce avec quoi je suis peu d'accord. Hormis sur Strife, premier vrai single de l'album, la manière de chanter de Matt est certes moins agressive, plus mélodieuse, mais peu analogue à celle de Draiman. Ce morceau est également loin d'être mauvais, mais loin d'être exceptionnel non plus.
Alors on attend, on guette le refrain redoutable, le pont magique serti de soli plus fantastiques les uns que les autres, mais on ne les trouve pas. Cet album est monotone, pas ennuyeux (encore que, je reste assez gentil), mais pas inoubliable. Rassurez-vous, il y a bien quelques morceaux de bravoure, à savoir une belle brochette constituée de To Believe et son riff thrashy à souhait, un très bon refrain; Through Blood and Dirt and Bone, probablement le meilleur morceau de l'album grâce à une très bonne alchimie entre agressivité et mélodie; et Villainy Thrives morceau très bien structuré avec une bonne introduction et un refrain très accrocheur. On est loin de la qualité de ce que pouvaient proposer Shogun et In Waves en terme de "tubes" mais ce trio est des plus satisfaisants sur un album qui manque de pêche comme celui-ci. L'album se conclut par Wake (The End is Nigh) qui est malheureusement un poil poussif, malgré un grand final, qui traduit une des autres déceptions inhérentes à l'album: le sentiment que le groupe possédait de bonnes idées mais mal exploitées comme sur At the End of this War et son début acoustique plutôt original pour le groupe, mais qui se perd dans des riffs manquant de cohérence. L'édition spéciale rajoute 3 morceaux en bonus tracks dont une bonne reprise de Misfits, mais qui n'apportent pas plus à l'album.
On ne peut donc s'empêcher de ressortir déçu de l'écoute de ce Vengeance Falls qui aurait vraiment du confirmer les espoirs placés en In Waves, c'est à dire un groupe porté à maturité avec une identité sonore clairement définie. Au lieu de celà, nous nous retrouvons avec un album peu inspiré, trop édulcoré par un David Draiman peut-être trop envahissant à la production. On ne peut cependant pas en vouloir au groupe d'avoir tenté cette collaboration, et finalement espérer un futur album plus personnel car il est certain que Trivium possède beaucoup d'inspiration qui ne demande qu'à sortir!
Note: 5,5/10

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